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Pourquoi les primes d’assurance augmentent même sans sinistre en 2026 ?

Explication de l'augmentation des primes d'assurance

De nombreux assurés constatent une hausse de leur prime d’assurance, y compris lorsque aucun sinistre n’a été déclaré. Ce phénomène, souvent perçu comme injuste, trouve pourtant des explications économiques, juridiques et sectorielles précises. En 2026, plusieurs facteurs structurels et conjoncturels contribuent à cette augmentation généralisée des tarifs d’assurance, touchant aussi bien l’assurance auto, habitation que santé.

Sommaire

L’impact de l’inflation sur les coûts d’indemnisation

L’inflation générale des prix influence directement le montant des indemnisations versées par les assureurs. En effet, les coûts de réparation automobile, de reconstruction immobilière ou encore les frais de santé augmentent avec l’évolution des prix à la consommation. En France, selon l’INSEE, l’inflation annuelle a été de 4,9 % en 2023, avec une hausse notable des coûts de matériaux (+10,2 %) et de main-d’œuvre dans le bâtiment (+5,3 %).

Pour compenser cette hausse des charges, les assureurs ajustent leurs tarifs annuels, même si un assuré n’a pas déclaré de sinistre. Cela permet de maintenir un niveau d’indemnisation constant pour l’ensemble des assurés.

L’augmentation des événements climatiques et catastrophes naturelles

Le changement climatique engendre une fréquence accrue d’événements climatiques extrêmes comme les inondations, tempêtes ou sécheresses. La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) estime que le coût moyen annuel des catastrophes naturelles pourrait atteindre 5 milliards d’euros d’ici 2050, contre environ 1,5 milliard d’euros entre 1989 et 2019.

Ces sinistres massifs, bien qu’ils ne concernent pas tous les assurés de manière individuelle, ont un impact collectif sur les primes. Le régime CatNat, financé par une surprime obligatoire sur les contrats d’assurance habitation, est lui-même soumis à réévaluation régulière pour garantir sa solvabilité.

La revalorisation des biens et des prestations

Chaque année, les assureurs procèdent à une revalorisation automatique des capitaux assurés ou des prestations garanties, afin d’éviter une sous-assurance liée à l’évolution des prix des biens assurés ou des soins remboursés. Par exemple, en assurance habitation, la valeur de reconstruction à neuf est ajustée en fonction d’un indice du coût de la construction publié par l’INSEE3.

Ces ajustements entraînent mécaniquement une augmentation des primes, indépendamment de tout sinistre déclaré.

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Le principe de mutualisation des risques

Le fonctionnement même de l’assurance repose sur la solidarité entre assurés. Les primes versées par chacun permettent de couvrir les sinistres subis par quelques-uns. Même en l’absence de sinistre personnel, un assuré contribue à l’équilibre global du portefeuille de l’assureur.

Ce principe de mutualisation implique que les hausses de fréquence ou de gravité des sinistres affectent l’ensemble des assurés, y compris ceux qui n’en ont pas subi. Cette logique est encadrée par le Code des assurances (articles L111-1 et suivants).

Les évolutions réglementaires et fiscales

Les assureurs doivent se conformer à des exigences prudentielles strictes, notamment Solvabilité II, qui les oblige à maintenir un niveau de fonds propres en adéquation avec les risques couverts. En parallèle, certaines réformes fiscales ou réglementaires peuvent impacter les coûts des contrats. Par exemple, l’augmentation de certaines contributions (comme la taxe attentat ou les prélèvements sur les contrats santé responsables) peut être répercutée sur les primes.

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) veille au respect de ces obligations, tout en surveillant l’équité tarifaire entre assurés.

La recherche d’un équilibre économique par les assureurs

Pour rester viables, les assureurs doivent équilibrer les charges (indemnisations, frais de gestion, réassurance) et les produits (primes encaissées). Si les sinistres augmentent ou si les rendements financiers baissent, les compagnies peuvent réajuster leurs tarifs pour préserver leur solvabilité.

Selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA), le ratio combiné du secteur (rapport entre les charges et les primes) s’est détérioré ces dernières années dans certaines branches, notamment en assurance automobile, ce qui justifie partiellement les hausses tarifaires.

Les limites à la hausse des primes

Malgré ces facteurs inflationnistes, les assureurs ne peuvent pas augmenter librement les primes. Ils doivent respecter les engagements contractuels, les dispositions du Code des assurances et la réglementation relative à l’information des assurés. Toute majoration doit être justifiée, prévisible et notifiée dans les délais légaux (généralement au moins 15 jours avant l’échéance annuelle)

En cas de désaccord, l’assuré peut résilier son contrat à l’échéance ou à tout moment après un an d’engagement, conformément à la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation (loi Hamon).

FAQ

Est-il légal pour un assureur d’augmenter ma prime sans sinistre ?

Oui, la loi autorise les assureurs à réviser les primes selon des critères objectifs (inflation, sinistralité globale, revalorisation des biens), à condition d’en informer l’assuré dans les conditions prévues par le contrat.

Comment vérifier si l’augmentation est justifiée ?

Il convient de consulter l’avis d’échéance et les conditions générales de votre contrat. L’assureur doit y indiquer la base de calcul et la justification des hausses tarifaires.

Peut-on refuser une augmentation de prime ?

Non, sauf en cas de modification unilatérale des garanties ou du tarif hors clause prévue. Dans ce cas, l’assuré peut résilier son contrat dans le délai imparti.

L’absence de sinistre garantit-elle une prime stable ?

Non, car les primes dépendent de facteurs collectifs et structurels. Un bon historique peut influencer favorablement la tarification, mais ne garantit pas une stabilité absolue.

Les hausses de primes sont-elles encadrées ?

Oui, elles doivent être prévues dans le contrat, notifiées à l’avance et respecter les principes de transparence définis par l’ACPR et la législation en vigueur.