
La colocation séduit de plus en plus de locataires en France, notamment dans les grandes villes où le coût du logement reste élevé. Toutefois, partager un logement implique également de partager certaines responsabilités, notamment en matière d’assurance habitation. Une couverture inadaptée ou l’absence d’assurance peut entraîner des conséquences juridiques et financières importantes.
Sommaire
- Quelles sont les obligations d’assurance en colocation ?
- Assurance habitation en colocation : quelles formules possibles ?
- Erreurs fréquentes à éviter
- Responsabilités en cas de sinistre
- Changement de colocataire ou résiliation : que faire ?
- Bonnes pratiques pour une colocation bien assurée
- FAQ
Quelles sont les obligations d’assurance en colocation ?
La loi impose à tout locataire de souscrire une assurance couvrant au minimum les risques locatifs. Cette obligation est précisée à l’article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs. Elle s’applique également en cas de colocation, qu’elle soit établie par un bail unique ou par plusieurs baux individuels.
Les risques locatifs obligatoires comprennent :
- Incendie
- Dégâts des eaux
- Explosion
Le bailleur est en droit d’exiger une attestation d’assurance à la signature du contrat de location, puis chaque année. En l’absence d’assurance, il peut soit résilier le bail, soit souscrire une assurance pour le compte du locataire, qu’il refacturera ensuite (article 7 g de la loi de 1989).
Assurance habitation en colocation : quelles formules possibles ?
Plusieurs configurations d’assurance sont envisageables en fonction de la nature du bail et de l’organisation entre colocataires.
Cas d’un bail unique
Si tous les colocataires signent un bail commun, deux options principales sont possibles :
- Un seul contrat d’assurance pour tous les colocataires : une personne souscrit l’assurance au nom de l’ensemble des occupants. Tous les noms doivent figurer sur le contrat pour que chacun soit couvert.
- Un contrat par colocataire : chaque colocataire peut souscrire une assurance individuelle couvrant uniquement sa responsabilité locative et ses biens personnels. Cela peut poser problème en cas de sinistre affectant les parties communes ou les biens partagés.
Cas de baux individuels
Lorsque chaque colocataire dispose d’un bail séparé, chacun est responsable de son propre contrat d’assurance. Cette configuration est fréquente dans les résidences étudiantes privées ou les logements en colocation gérés par des agences spécialisées.
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Erreurs fréquentes à éviter
Assurer une colocation peut prêter à confusion. Voici les erreurs les plus courantes à éviter :
- Ne pas mentionner tous les colocataires dans le contrat : seuls les noms figurant dans le contrat sont couverts en cas de sinistre.
- Se limiter à la garantie risques locatifs : cette garantie obligatoire ne couvre pas les dommages aux biens personnels ni la responsabilité civile vis-à-vis des tiers.
- Supposer que l’assurance du bailleur couvre les colocataires : l’assurance du propriétaire couvre uniquement ses murs et sa responsabilité, pas les biens ni la responsabilité des locataires.
- Oublier de mettre à jour le contrat en cas de changement de colocataire : un nouveau colocataire non mentionné sur le contrat n’est pas couvert.
Responsabilités en cas de sinistre
En colocation, la répartition des responsabilités dépend du type de contrat et du sinistre en question.
Responsabilité locative
Chaque colocataire est responsable de ses propres dommages, sauf clause de solidarité dans le bail. En cas de solidarité, chacun peut être tenu de réparer l’intégralité du dommage causé par l’un des colocataires.
Responsabilité civile
La garantie responsabilité civile couvre les dommages causés à des tiers (voisins, visiteurs, etc.). Elle est fortement recommandée, bien que non obligatoire. Elle est généralement incluse dans les contrats multirisques habitation.
Indemnisation des biens
La garantie contre le vol, l’incendie ou les dégâts des eaux concernant les biens personnels nécessite une extension de garantie. Sans cette option, les biens détruits ou endommagés ne seront pas indemnisés.
Changement de colocataire ou résiliation : que faire ?
Lorsqu’un colocataire quitte le logement, il est impératif de mettre à jour le contrat d’assurance.
- Si le contrat est commun, il convient de demander une modification à l’assureur pour retirer ou ajouter un colocataire.
- Si chaque colocataire a son propre contrat, seule la personne concernée devra résilier ou souscrire un nouveau contrat.
La résiliation d’un contrat d’assurance habitation est possible à tout moment après la première année, conformément à l’article L113-15-2 du Code des assurances. En cas de départ anticipé, une résiliation pour motif légitime est également possible (ex. changement de domicile).
Bonnes pratiques pour une colocation bien assurée
Pour garantir une couverture adaptée et éviter les litiges, plusieurs précautions sont recommandées :
- Faire figurer tous les colocataires sur le contrat d’assurance
- Opter pour une assurance multirisque habitation couvrant les biens et la responsabilité civile
- Mettre à jour le contrat à chaque changement de colocataire
- Conserver une copie de l’attestation d’assurance, à remettre au bailleur chaque année
- Vérifier les plafonds d’indemnisation et les franchises appliquées
- Clarifier la répartition des responsabilités dans le bail (solidaire ou non)
FAQ
L’assurance habitation est-elle obligatoire pour tous les colocataires ?
Oui, chaque colocataire est tenu de s’assurer contre les risques locatifs, conformément à la loi du 6 juillet 1989. Cette obligation peut être remplie via un contrat commun ou des contrats individuels.
Un seul colocataire peut-il souscrire une assurance pour tous ?
Oui, à condition que tous les colocataires soient mentionnés nominativement dans le contrat. Dans le cas contraire, seuls les assurés nommés seront couverts.
Que se passe-t-il si un colocataire non assuré cause un dégât ?
En cas de clause de solidarité dans le bail, tous les colocataires peuvent être tenus responsables solidairement du dommage, même si un seul l’a causé. L’assurance peut alors refuser d’indemniser les non-assurés.
Faut-il signaler un changement de colocataire à l’assurance ?
Oui, un changement de colocataire nécessite la mise à jour du contrat pour que tous les occupants soient couverts. Un oubli peut entraîner un refus d’indemnisation en cas de sinistre.
Les biens personnels sont-ils couverts automatiquement ?
Non. La simple assurance des risques locatifs ne couvre pas les biens personnels. Il faut souscrire une garantie complémentaire pour qu’ils soient indemnisés en cas de vol ou de dégât.
Quelle est la différence entre assurance locative et multirisque habitation ?
L’assurance locative couvre uniquement les dommages causés au logement (incendie, dégât des eaux, explosion). L’assurance multirisque habitation inclut aussi la responsabilité civile, les dommages aux biens et diverses garanties annexes.
Que faire en cas de sinistre dans une colocation ?
Il faut déclarer le sinistre à l’assureur dans les cinq jours ouvrés (article L113-2 du Code des assurances), transmettre un constat ou une description des dommages, et vérifier les responsabilités selon les clauses du bail et du contrat d’assurance.


