
La déclaration d’un sinistre auto à son assureur est une étape cruciale après tout incident impliquant un véhicule assuré. Toutefois, la question de l’obligation de déclaration systématique et de ses conséquences sur le contrat d’assurance mérite d’être examinée en détail.
Sommaire
- Obligation de déclaration d’un sinistre auto : ce que dit la loi
- Conséquences de la déclaration d’un sinistre sur le contrat d’assurance
- Avantages à déclarer un sinistre auto
- Risques et conséquences d’une sous-déclaration ou non-déclaration
- Dans quels cas ne pas déclarer un sinistre auto ?
- Tableau récapitulatif : déclarer ou ne pas déclarer un sinistre
- FAQ
Obligation de déclaration d’un sinistre auto : ce que dit la loi
En France, l’article L113-2 du Code des assurances impose à l’assuré de déclarer à son assureur tout sinistre susceptible d’entraîner la garantie de ce dernier. Cette déclaration doit être faite dans les délais prévus au contrat, généralement dans les 5 jours ouvrés suivant la survenance du sinistre (article L113-2 alinéa 4 du Code des assurances).
- La déclaration doit comporter tous les éléments connus de l’assuré sur les circonstances, les causes et conséquences du sinistre.
- En cas de vol, le délai est réduit à 2 jours ouvrés.
- Le défaut de déclaration peut entraîner la déchéance de garantie, sauf cas fortuit ou de force majeure.
Il est donc obligatoire de déclarer tout sinistre à risque de mise en jeu de la garantie de l’assureur, même si l’assuré ne souhaite pas être indemnisé.
Conséquences de la déclaration d’un sinistre sur le contrat d’assurance
La déclaration d’un sinistre peut avoir plusieurs impacts sur le contrat d’assurance auto :
- Application du système de bonus-malus en cas de responsabilité totale ou partielle (article A121-1 du Code des assurances).
- Augmentation de la prime d’assurance lors de l’échéance annuelle, selon l’historique des sinistres.
- Eventuelle résiliation du contrat par l’assureur pour sinistralité excessive, dans les conditions prévues à l’article R113-10 du Code des assurances.
- Inscription du sinistre sur le relevé d’information, document légal remis à chaque assuré (article A121-1-1 du Code des assurances).
L’impact sur la prime dépend du type de sinistre (responsabilité ou non), du montant des réparations, et du nombre de sinistres déclarés sur une période de référence, souvent 3 à 5 ans.
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Avantages à déclarer un sinistre auto
Déclarer un sinistre présente plusieurs bénéfices :
- Permettre l’indemnisation des dommages matériels et corporels garantis par le contrat (article L211-1 du Code des assurances).
- Faire jouer la protection juridique ou l’assistance, selon les garanties souscrites.
- Respecter l’obligation contractuelle et éviter la déchéance de garantie.
- Obtenir la prise en charge rapide des réparations et des frais annexes en cas de sinistre non responsable.
Pour les sinistres impliquant des tiers ou des blessures, la déclaration est essentielle pour permettre l’indemnisation des victimes, conformément à la Loi Badinter du 5 juillet 1985.
Risques et conséquences d’une sous-déclaration ou non-déclaration
Ne pas déclarer un sinistre alors que cela est obligatoire peut entraîner :
- La perte du droit à indemnisation en cas de découverte ultérieure par l’assureur.
- La nullité ou la résiliation du contrat pour fausse déclaration (article L113-8 du Code des assurances).
- Des sanctions pénales en cas de fraude avérée (article 313-1 du Code pénal).
En cas de non-déclaration d’un sinistre responsable, l’assuré prend le risque de payer lui-même les dommages, sans recours possible contre l’assureur.
Dans quels cas ne pas déclarer un sinistre auto ?
Il existe des situations où la déclaration d’un sinistre n’est ni obligatoire, ni toujours opportune :
- Sinistre sans tiers, d’un montant inférieur à la franchise du contrat : dans ce cas, aucune indemnisation ne sera versée par l’assureur, et la déclaration peut impacter le bonus-malus.
- Dommages très légers et réparés à l’amiable sans recours à l’assurance : par exemple, une rayure minime traitée directement entre les parties, avec accord écrit constatant l’absence de recours futur.
- Si les dommages sont purement esthétiques et n’engagent pas la sécurité du véhicule, l’assuré peut choisir, sous sa propre responsabilité, de ne pas déclarer pour préserver son bonus.
Il est toutefois conseillé de conserver tous éléments de preuve et échanges, notamment en cas de règlement amiable.
Tableau récapitulatif : déclarer ou ne pas déclarer un sinistre
| Situation | Déclaration obligatoire ? | Conséquences |
|---|---|---|
| Sinistre avec tiers et dégâts corporels | Oui | Indemnisation, inscription au relevé d’information, impact éventuel sur bonus |
| Sinistre responsable sans tiers, montant < franchise | Non | Pas d’indemnisation, pas d’impact sur bonus si non déclaré |
| Sinistre responsable sans tiers, montant > franchise | Oui | Indemnisation possible, impact sur bonus |
| Dommage léger réglé à l’amiable | Non | Pas d’impact sur le contrat, mais preuve à conserver |
| Vol, incendie, catastrophe naturelle | Oui | Indemnisation sous conditions, délais spécifiques de déclaration |
FAQ
Est-il obligatoire de déclarer un sinistre sans tiers impliqué ?
La déclaration est obligatoire si le sinistre est susceptible de faire jouer la garantie de l’assureur, même sans tiers. Toutefois, si les dommages sont inférieurs à la franchise et que l’assuré ne souhaite pas d’indemnisation, il n’existe pas d’obligation expresse.
Quels sont les délais pour déclarer un sinistre auto ?
Le délai légal est généralement de 5 jours ouvrés, ramené à 2 jours en cas de vol, sauf stipulation contractuelle différente (article L113-2 du Code des assurances).
Déclarer un petit sinistre peut-il augmenter la prime d’assurance ?
Oui, toute déclaration ayant pour conséquence l’indemnisation ou la reconnaissance de responsabilité peut influencer le coefficient de bonus-malus et conduire à une majoration de la prime à l’échéance suivante.
Que risque-t-on à ne pas déclarer un sinistre responsable ?
Le défaut de déclaration peut entraîner la perte du droit à indemnisation, voire la résiliation du contrat. En cas de contrôle ou de litige ultérieur, l’assureur peut refuser sa garantie.
Peut-on régler un sinistre à l’amiable sans déclaration ?
Oui, dans le cas de dégâts matériels mineurs et avec l’accord explicite des parties, un règlement à l’amiable est possible. Il est fortement recommandé de garder une preuve écrite de cet accord.

