
En cas de cambriolage ou de vol dans une habitation, la déclaration d’objets de valeur à l’assurance peut s’avérer complexe si les garanties ne sont pas clairement définies ou si l’inventaire des biens est incomplet. Pour éviter toute mauvaise surprise lors de l’indemnisation, il est essentiel de comprendre les obligations, limites et bonnes pratiques en matière d’assurance habitation pour les objets de valeur.
Sommaire
- Définition des objets de valeur en assurance habitation
- Garanties couvertes par l’assurance habitation en cas de vol
- Plafonds d’indemnisation et exclusions fréquentes
- Déclarer ses objets de valeur à l’assureur : pourquoi, quand et comment ?
- Constituer des preuves de propriété et de valeur
- Bonnes pratiques pour limiter les risques de désaccord en cas de sinistre
Définition des objets de valeur en assurance habitation
La notion “d’objet de valeur” n’est pas strictement définie par le Code des assurances, mais elle fait l’objet d’une définition contractuelle propre à chaque assureur. En règle générale, sont considérés comme objets de valeur :
- Les bijoux, pierres précieuses, métaux précieux
- Les œuvres d’art et objets de collection
- Les tapisseries, antiquités, instruments de musique rares
- Les montres de luxe, sacs de créateurs et autres effets personnels onéreux
La Fédération Française de l’Assurance (FFA) précise que les assureurs peuvent classer un bien comme “objet de valeur” dès lors qu’il dépasse un certain seuil unitaire de valeur, souvent autour de 1 500 € à 3 000 €.
Garanties couvertes par l’assurance habitation en cas de vol
En multirisque habitation (MRH), la garantie vol est généralement optionnelle. Lorsqu’elle est souscrite, elle permet d’indemniser les pertes liées au vol ou à la tentative de vol, sous réserve que certaines conditions soient remplies. Ces conditions portent notamment sur :
- La présence d’effraction, d’escalade ou d’intimidation
- La sécurisation minimale du logement (portes, fenêtres, serrures certifiées, etc.)
- Le respect des clauses particulières (coffre-fort, alarme, etc. pour certains objets)
Les objets de valeur sont souvent couverts différemment du mobilier courant. Ils peuvent être soumis à :
- Un plafond d’indemnisation spécifique
- Des exigences accrues de sécurité ou de stockage
- Des exclusions temporaires (lors de déplacements, par exemple)
Devis & souscription 100% en ligne
Plafonds d’indemnisation et exclusions fréquentes
Les objets de valeur font généralement l’objet d’un plafond d’indemnisation distinct dans les contrats MRH. Ce plafond peut être exprimé en valeur absolue ou en pourcentage du capital mobilier assuré. À titre d’exemple :
| Type d’objet | Plafond courant (indicatif) | Conditions |
|---|---|---|
| Bijoux | 8 000 € à 20 000 € | Conservation dans un coffre-fort |
| Œuvres d’art | Jusqu’à 30 % du capital mobilier | Évaluation préalable obligatoire |
| Objets de collection | 5 000 € à 15 000 € | Photographies et factures requises |
Les exclusions les plus fréquentes concernent les vols sans effraction, les objets laissés à l’extérieur ou dans un véhicule, ou les objets non déclarés expressément. Il est donc indispensable de lire attentivement les conditions générales et particulières de son contrat.
Déclarer ses objets de valeur à l’assureur : pourquoi, quand et comment ?
Déclarer ses objets de valeur est une démarche essentielle pour garantir leur prise en charge en cas de sinistre. Cette déclaration peut se faire :
- Lors de la souscription du contrat
- En cours de contrat, lors d’un avenant
- Après l’acquisition d’un bien de valeur (dans un délai précisé par le contrat, souvent 30 jours)
La déclaration doit être accompagnée de justificatifs de propriété et de valeur. À défaut, l’objet sera considéré comme non garanti ou faiblement indemnisé. En cas de fausse déclaration ou d’omission volontaire, la sanction peut aller jusqu’à la nullité du contrat, conformément à l’article L113-8 du Code des assurances.
Constituer des preuves de propriété et de valeur
En cas de vol, l’assureur exigera des preuves pour évaluer la valeur des objets disparus. Il est donc recommandé de constituer un dossier comprenant :
- Factures originales
- Certificats d’authenticité ou d’expertise
- Photographies datées
- Inventaire écrit détaillé
Ces documents doivent être conservés dans un lieu sécurisé ou numérisés pour être accessibles même en cas de sinistre. Certains assureurs peuvent exiger une expertise préalable pour les biens dépassant un certain seuil de valeur.
Bonnes pratiques pour limiter les risques de désaccord en cas de sinistre
Pour éviter tout litige avec l’assureur en cas de vol d’objets de valeur, il est conseillé de :
- Lire attentivement les exclusions et limitations de son contrat
- Réévaluer régulièrement la valeur de ses biens et adapter les garanties
- Respecter les conditions de sécurité exigées (coffre-fort, alarme, etc.)
- Conserver tous les justificatifs de manière sécurisée
- Informer rapidement l’assureur de toute acquisition importante
En cas de sinistre, la déclaration doit être faite dans les délais prévus au contrat, généralement dans les 2 jours ouvrés suivant la constatation du vol (article L113-2 du Code des assurances).
FAQ
Est-il obligatoire de déclarer tous ses objets de valeur à l’assurance habitation ?
Il n’existe pas d’obligation légale, mais la déclaration est fortement recommandée pour garantir leur indemnisation en cas de vol. À défaut, le montant remboursé pourra être limité ou nul.
Comment savoir si un bien est considéré comme un “objet de valeur” par l’assureur ?
Cette information figure dans les conditions générales du contrat. En général, tout bien dépassant un certain seuil unitaire (souvent 1 500 € ou 3 000 €) peut être classé comme objet de valeur.
Peut-on assurer les objets de valeur situés hors du domicile ?
Certains contrats prévoient une extension de garantie pour les objets transportés, mais elle est souvent limitée. Une garantie spécifique peut être nécessaire pour les objets régulièrement déplacés.
Que se passe-t-il si je n’ai pas conservé la facture d’un objet volé ?
En l’absence de facture, l’indemnisation peut être réduite. D’autres preuves peuvent être acceptées (photos, estimations, témoignages), mais leur valeur probante dépend de l’appréciation de l’assureur.
Quelles sont les sanctions en cas de fausse déclaration de la valeur d’un objet ?
Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat selon l’article L113-8 du Code des assurances, ce qui signifie aucune indemnisation, même pour d’autres sinistres.

