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Assurance auto après alcool : peut-on vraiment être assuré ?

Alcool au volant et assurance auto

L’assurance automobile en France est un sujet régi par des règles strictes, particulièrement lorsque l’assuré a été impliqué dans une infraction liée à l’alcool au volant. Après une condamnation pour conduite sous l’emprise de l’alcool, de nombreux conducteurs s’interrogent sur leur capacité à retrouver une assurance, les démarches à effectuer et les conditions imposées par la loi et les assureurs.

Sommaire

Conséquences juridiques de l’alcool au volant sur l’assurance auto

La conduite sous l’emprise de l’alcool est une infraction grave, sanctionnée par le Code de la route. Selon l’article L234-1 du Code de la route, le seuil d’alcoolémie retenu est de 0,5 g/l de sang (0,2 g/l pour les jeunes conducteurs). En cas de dépassement, les sanctions sont multiples : retrait de points, suspension ou annulation du permis, peines d’amende, voire emprisonnement en cas de récidive ou d’accident.

Sur le plan de l’assurance, l’article L113-1 du Code des assurances stipule que l’assureur peut refuser la garantie en cas de sinistre provoqué sous l’emprise de l’alcool, sauf si la garantie « protection du conducteur » a été souscrite sans exclusion liée à l’alcool. L’article L211-1 impose toutefois l’obligation d’assurance responsabilité civile à tout propriétaire de véhicule.

InfractionConséquence sur l’assuranceBase légale
Alcoolémie ≥ 0,5 g/lRefus de garantie pour les dommages du conducteurCode des assurances L113-1
Alcoolémie ≥ 0,8 g/l (délit)Résiliation du contrat possibleCode des assurances L113-4
Récidive ou accident graveMajorations tarifaires, refus d’assuranceLoi n° 89-1014 du 31/12/1989

Refus d’assurance : motifs et réglementation

Après une condamnation pour conduite en état d’ivresse, de nombreux assureurs peuvent refuser de couvrir un conducteur. Ce refus est autorisé, sauf en ce qui concerne l’assurance obligatoire de responsabilité civile, qui doit être accessible à tous (article L211-1 du Code des assurances).

Selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA, devenue France Assureurs), les motifs de refus d’assurance incluent la gravité de l’infraction, la récidive, l’annulation ou suspension du permis, et le risque aggravé représenté par l’assuré. L’assureur doit notifier par écrit sa décision de résiliation ou de non-renouvellement du contrat, en respectant un préavis légal (article L113-12 du Code des assurances).

  • Refus d’assurance possible en cas de résiliation pour alcoolémie
  • Obligation d’informer l’assuré par courrier recommandé
  • Garantie responsabilité civile toujours obligatoire

Solutions pour être à nouveau assuré après une infraction liée à l’alcool

Il reste possible d’être assuré après une infraction liée à l’alcool, mais les conditions sont plus strictes. En cas de refus répété des assureurs, le conducteur peut saisir le Bureau Central de Tarification (BCT), un organisme public dont la mission est de garantir l’accès à l’assurance obligatoire.

  • Constitution d’un dossier auprès du BCT avec preuves des refus d’assurance
  • Le BCT impose à l’assureur de garantir la responsabilité civile
  • L’assureur fixe la prime selon le barème du BCT

Dans la pratique, certains assureurs spécialisés, comme Assurance en Direct, acceptent d’assurer les profils à risque, avec des garanties adaptées.

Conditions, tarifs et garanties spécifiques

L’assurance auto après une conduite sous l’emprise de l’alcool est généralement assortie de conditions particulières :

  • Majoration de la prime pouvant aller jusqu’à 150 % ou plus
  • Garantie limitée à la responsabilité civile
  • Exclusion fréquente des garanties dommages et protection du conducteur
  • Possibilité de souscription sous condition d’installation d’un éthylotest antidémarrage (EAD), conformément à l’article L234-17 du Code de la route
ConditionObligation légalePrécision
Responsabilité civileOuiObligatoire pour circuler
Éthylotest antidémarrageOui, sur décision préfectoralePermet la reprise de la conduite
Majoration de primeNon plafonnée par la loiFixée par l’assureur ou le BCT

Cas particuliers et précautions à prendre

Dans certains cas (récidive, accident corporel, condamnation pénale), le retrait ou l’annulation du permis peut interdire temporairement toute possibilité d’assurance. La réhabilitation du dossier peut nécessiter la fourniture d’un relevé d’informations et la justification de la récupération du permis.

Quelques précautions à suivre :

  • Vérifier les exclusions de garantie liées à l’alcool sur son contrat
  • Conserver tous les documents relatifs au refus d’assurance
  • S’adresser au BCT en cas de refus répété (délai de 15 jours après refus formel)
  • Respecter les délais légaux de déclaration et de contestation

FAQ

Est-il possible de retrouver une assurance après une condamnation pour alcool au volant ?

Oui, il est possible de retrouver une assurance, généralement limitée à la responsabilité civile, parfois avec des conditions spécifiques (majoration de la prime, installation d’un éthylotest antidémarrage). En cas de refus répété, le Bureau Central de Tarification doit être saisi.

Un assureur peut-il refuser d’assurer un conducteur ayant eu une infraction liée à l’alcool ?

Oui, un assureur peut refuser d’assurer ou de renouveler un contrat après une infraction liée à l’alcool, à l’exception de la garantie responsabilité civile, qui doit rester accessible à tous conformément à la loi.

Quels sont les documents nécessaires pour saisir le Bureau Central de Tarification ?

Il faut fournir les preuves de refus d’assurance (lettres recommandées des assureurs), le formulaire de saisie du BCT, une copie du permis de conduire et du certificat d’immatriculation du véhicule.

Quelles sont les conséquences d’un accident responsable sous l’emprise de l’alcool ?

L’assureur peut refuser de garantir les dommages du conducteur et exercer un recours contre l’assuré pour les sommes versées aux victimes, conformément au Code des assurances.

Les jeunes conducteurs sont-ils soumis à des règles différentes ?

Oui, le seuil d’alcoolémie appliqué est plus bas (0,2 g/l de sang) pour les conducteurs titulaires du permis depuis moins de trois ans, selon l’article R234-1 du Code de la route.