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Fichier AGIRA : combien de temps y reste-t-on ?

Fichage AGIRA et assurance

Le fichier AGIRA suscite de nombreuses interrogations, notamment sur la durée pendant laquelle une inscription peut impacter un assuré. Afin d’apporter des réponses précises, il est essentiel de s’appuyer sur la réglementation en vigueur et les pratiques encadrées par les autorités compétentes.

Sommaire

Combien de temps reste-t-on inscrit dans un fichier AGIRA ?

La durée de conservation des informations dans les fichiers AGIRA dépend du type de fichier concerné et de la nature de l’événement ayant entraîné l’inscription. Les délais sont strictement encadrés par la réglementation, notamment par la loi Informatique et Libertés et le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), sous le contrôle de la CNIL.

Fichier AGIRADurée de conservation
Fichier des résiliations automobile et habitation2 ans à compter de la date de résiliation
Fichier des sinistres automobiles5 ans à compter de la déclaration du sinistre
Fichier des personnes à risques aggravés de santé (AERAS)10 ans après la clôture du dossier

Dans le cas le plus fréquent, c’est-à-dire une résiliation pour non-paiement ou sinistres répétés, l’inscription au fichier AGIRA dédié est limitée à 2 ans. Passé ce délai, l’information est automatiquement supprimée, sans intervention de l’assuré.

Quels sont les différents fichiers AGIRA ?

L’AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) gère plusieurs fichiers mutualisés, chacun ayant une finalité distincte, en conformité avec les textes légaux et sous contrôle de la CNIL :

  • Le fichier des résiliations automobile et habitation, destiné à informer les assureurs des antécédents de résiliation pour sinistres ou non-paiement (Arrêté du 4 janvier 2019).
  • Le fichier des sinistres automobiles, qui recense les déclarations de sinistres impliquant un véhicule (Arrêté du 17 janvier 2018).
  • Le fichier AERAS, concernant les personnes présentant un risque aggravé de santé dans le cadre de l’assurance emprunteur (Convention AERAS).

Chacun de ces fichiers obéit à des règles de gestion et de durée de conservation propres, validées par la CNIL et précisées dans les arrêtés ministériels ou conventions correspondantes.

Quelles sont les modalités de radiation ?

La radiation des données d’un fichier AGIRA intervient automatiquement à l’expiration du délai réglementaire applicable. L’assuré n’a aucune démarche particulière à effectuer pour obtenir la suppression de son inscription, sauf en cas d’erreur manifeste.

  • À l’issue du délai de conservation, les données sont supprimées de manière irréversible.
  • En cas d’erreur ou de contestation, l’assuré peut exercer ses droits auprès de l’assureur à l’origine de l’inscription ou directement auprès de l’AGIRA, conformément à l’article 15 du RGPD.
  • En cas de refus ou d’absence de réponse, un recours peut être adressé à la CNIL.

Il est à noter qu’aucune radiation anticipée n’est prévue, sauf en cas de rectification d’une erreur matérielle ou d’un litige résolu favorablement à l’assuré.

Consultation et droits des assurés

Tout assuré a le droit de savoir s’il figure dans un fichier AGIRA et d’obtenir communication des informations le concernant, en vertu de la loi Informatique et Libertés et du RGPD. Cette demande doit être formulée par écrit, soit auprès de l’assureur, soit directement auprès de l’AGIRA.

  • Les informations sont communiquées dans un délai maximal d’un mois (article 12 du RGPD).
  • L’assuré peut demander la rectification ou la suppression de données erronées ou non fondées.
  • La CNIL peut être saisie en cas de difficulté persistante.

Ces droits s’exercent sans frais pour l’intéressé, et toute utilisation des données en dehors du cadre légal est strictement sanctionnée (article 226-16 du Code pénal).

Quel impact sur la souscription d’un contrat d’assurance ?

L’inscription dans un fichier AGIRA peut entraîner des conséquences lors de la souscription d’un nouveau contrat d’assurance : refus, conditions restreintes, majoration de prime, ou obligation de souscrire auprès d’un assureur spécialisé. Toutefois, une fois la durée réglementaire écoulée et la radiation effectuée, aucune trace de l’ancien incident ne doit être prise en compte par les assureurs.

Les assureurs sont tenus par la réglementation de ne pas conserver ou utiliser des informations au-delà de la durée maximale prévue (CNIL, RGPD). Toute décision prise sur la base d’une inscription périmée serait contraire à la loi et pourrait faire l’objet d’un recours auprès de la CNIL ou des juridictions compétentes.

FAQ

Peut-on demander à être radié du fichier AGIRA avant le délai légal ?

Non, la radiation intervient automatiquement à l’expiration du délai fixé par la réglementation. Seule une erreur manifeste ou une inscription injustifiée peut justifier une suppression anticipée, conformément au RGPD et à la loi Informatique et Libertés.

L’inscription dans un fichier AGIRA est-elle toujours notifiée à l’assuré ?

Oui, l’assureur a l’obligation d’informer l’assuré de son inscription dans un fichier géré par l’AGIRA, en vertu des dispositions de la CNIL et du Code des assurances (article L113-12-2).

Quels sont les recours en cas de refus de suppression après le délai réglementaire ?

Si une inscription subsiste après expiration du délai légal, il convient d’adresser une réclamation à l’assureur ou à l’AGIRA. En l’absence de réponse satisfaisante, la CNIL peut être saisie pour arbitrage.

Les assureurs consultent-ils systématiquement les fichiers AGIRA lors d’une souscription ?

La consultation des fichiers AGIRA est une faculté pour les assureurs lors de l’étude d’un dossier, notamment en cas de souscription à des garanties sensibles (automobile, habitation, emprunteur). Elle doit cependant respecter les finalités déclarées à la CNIL et la durée légale de conservation des données.

Quelles sanctions en cas d’utilisation abusive des données AGIRA par un assureur ?

L’utilisation de données au-delà du délai légal ou à des fins non prévues expose l’assureur à des sanctions administratives et pénales, conformément à l’article 226-16 du Code pénal et aux pouvoirs de contrôle de la CNIL.